Le Mouvement des femmes de la GATC et les Fonds territoriaux Shandia publient un nouveau rapport sur le financement direct sensible au genre
/dans Nouvelles/par GATCLancé lors de la London Climate Action Week, le rapport s’appuie sur les expériences des femmes des Peuples autochtones et des Communautés locales et des fonds territoriaux en Afrique, en Asie et en Amérique latine afin d’identifier les obstacles et les solutions pour faire progresser le financement direct sensible au genre.

Hier, lors de la London Climate Action Week, des dirigeantes des femmes des Peuples autochtones et des Communautés locales, des représentant·e·s de fonds territoriaux, des bailleurs, des allié·e·s et des partenaires se sont réuni·e·s pour lancer le rapport Financement direct sensible au genre pour les Peuples autochtones et les Communautés locales : enseignements tirés des fonds territoriaux.
Élaboré dans le cadre d’un effort collaboratif entre la Plateforme Shandia, le Mouvement des femmes de la GATC et des fonds territoriaux — dont Fundo Rutî, IPAS, Podáali Fund, REPALEAC Fund, Fondo Territorial Mesoamericano (FTM), Jaguatá, Fundo Indígena do Rio Negro (FIRN) et Amazonía por la Vida — le rapport met en lumière à la fois les obstacles auxquels les femmes des Peuples autochtones et des Communautés locales (PA et CL) sont confrontées pour accéder aux financements climat et biodiversité, ainsi que les solutions déjà mises en œuvre dans les territoires.
S’appuyant sur les expériences de dirigeantes des femmes des PA et CL d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, ainsi que sur les enseignements pratiques issus des fonds territoriaux, le rapport examine les obstacles structurels qui continuent de limiter l’accès des femmes au financement direct. Parallèlement, il met en avant des approches innovantes et ancrées culturellement qui contribuent à garantir que les ressources parviennent aux initiatives dirigées par des femmes, renforcent la gouvernance territoriale et soutiennent l’action pour le climat et la biodiversité à partir du terrain.
Lors de l’événement de lancement, des dirigeantes des femmes des PA et CL ont partagé leurs expériences face à des systèmes de financement qui, souvent, ne reconnaissent pas leurs réalités, leurs priorités et leur leadership. Des représentant·e·s de fonds territoriaux ont présenté des exemples concrets de mécanismes de financement sensibles au genre qui élargissent déjà les opportunités pour les femmes des PA et CL dans différentes régions. Des bailleurs et des partenaires ont également pris part à la discussion pour réfléchir à la manière dont les financements climat et biodiversité peuvent mieux soutenir le leadership des femmes et les solutions portées par les communautés.



Un message central s’est dégagé tout au long des échanges : les femmes des PA et CL ne sont pas simplement des bénéficiaires des financements climatiques — elles sont des dirigeantes, des titulaires de droits, des détentrices de savoirs et des actrices clés de la protection des forêts, de la biodiversité et du climat. Renforcer le financement direct de leurs organisations et initiatives est essentiel pour obtenir des résultats plus efficaces, plus équitables et plus durables.
Le rapport propose des recommandations pratiques à l’intention des bailleurs, des décideurs politiques, des institutions de financement et des organisations des Peuples autochtones et des Communautés locales souhaitant faire progresser le financement direct sensible au genre et renforcer le leadership des femmes des PA et CL dans les financements climat et biodiversité.
Nous invitons les bailleurs, les partenaires, les décideurs politiques, les organisations des Peuples autochtones et des Communautés locales, ainsi que les allié·e·s, à lire et télécharger le rapport, à explorer ses conclusions et à rejoindre le mouvement grandissant visant à construire des systèmes de financement plus équitables, plus inclusifs et ancrés dans les réalités territoriales.
Protéger le territoire autochtone de Bittuang contre le développement géothermique
/dans Nouvelles/par GATCLes communautés de peuples autochtones de Balla, Bittuang, Pali et Se’seng dans le sous-district de Bittuang, Tana Toraja, Sulawesi du Sud (Indonésie), font face à une menace sérieuse pesant sur leurs terres ancestrales.
Un projet de développement géothermique de 12 979 hectares chevauche leur territoire coutumier, incluant des forêts, des fermes, des sources d’eau, des sites sacrés et des établissements communautaires. Ces terres sont essentielles à leurs moyens de subsistance, à leur identité culturelle et à leurs traditions spirituelles.
Malgré cela, le projet a progressé sans le consentement libre, informé et préalable (CLIP) des peuples autochtones qui gouvernent et protègent ces territoires depuis des générations.
Pourquoi les communautés sont inquiètes
Lexploration et les infrastructures géothermiques pourraient avoir des impacts graves, notamment:
- La perte de terres agricoles et de sources d’eau.
- Des dommages aux sites sacrés et culturels.
- Des risques environnementaux tels que la pollution, les glissements de terrain et la dégradation des forêts.
- Des conflits sociaux au sein des communautés.
Une préoccupation majeure est la conversion d’une forêt protégée (Hutan Lindung) en un grand parc forestier (Tahura), ce qui a ouvert le territoire aux investissements et aux activités d’exploration sans consultation préalable des communautés de peuples autochtones.
Les communautés passent à laction
En collaboration avec l’Aliansi Masyarakat Adat Nusantara (AMAN Toraya), elles ont organisé un Kombongan Kalua’ (assemblée coutumière) pour rejeter formellement le projet géothermique.
Elles ont également formé l’Alliance de Toraja pour le rejet de la géothermie, rassemblant des membres de la communauté, des églises, des groupes de jeunes et des organisations de la société civile pour défendre leur territoire ancestral par un plaidoyer pacifique et une sensibilisation du public.
Ce que les communautés exigent
Les peuples autochtones de Bittuang appellent le gouvernement et les institutions concernées à:
- Révoquer les plans de prospection et dexploration géothermique à Bittuang.
- Réexaminer tous les permis affectant les territoires autochtones, en garantissant la pleine participation des communautés locales et le respect des droits fonciers coutumiers.
- Reconnaître et respecter le statut juridique et coutumier des terres autochtones, ainsi que le droit des communautés à décider de l’avenir de leur territoire.
Soyez solidaires
Les communautés de peuples autochtones de Bittuang défendent leur terre, leur culture et leurs écosystèmes. En signant cette pétition, vous soutenez leur appel au respect des droits de nos peuples autochtones, à la protection des forêts et à une prise de décision équitable concernant les projets de développement affectant leurs territoires.
La réponse, c’est nous : Comment le monde a perçu nos réponses à la COP30
/dans Événements, Nouvelles/par GATC« La réponse, c’est nous » est née dans l’Amazonie brésilienne, comme un appel urgent au monde entier pour qu’il entende la voix de ceux qui sont les plus touchés par la crise climatique, qui sont aussi ceux qui ouvrent la voie à des solutions à long terme. Au fur et à mesure de sa croissance, d’abord pour embrasser l’ensemble du mouvement indigène et une myriade de mouvements sociaux au Brésil, puis pour amplifier sa portée au monde entier, la COP30 s’est rapprochée, et avec elle, un scénario fondamental pour que les revendications de la campagne soient mises en scène et reçoivent des réponses. Aujourd’hui, la COP30 étant derrière nous et la phase de mise en œuvre devant nous, nous nous penchons sur les revendications de la campagne pour mettre en lumière certaines des principales victoires de la Conférence et les progrès réalisés en dehors des portes officiellement fermées ; nous réfléchissons aux lacunes qui subsistent ; et nous présentons nos réflexions sur ce qui doit être au centre des futures négociations et actions à différents niveaux. Voici notre vision de la façon dont le monde a perçu nos réponses à la COP30 et de ce qui est resté invisible. Photo du haut : @than.pataxo
1. Les droits fonciers sont synonymes d’action climatique
Victoires

Pendant la Conférence officielle, la conversation autour des droits fonciers et de la nécessité de processus de démarcation, de reconnaissance et de protection a été présente dans l’ensemble de l’ordre du jour. Dans les résultats finaux officiels des négociations, le texte stipule que les droits fonciers sont l’un des principaux moyens d’atténuer le changement climatique. Cette mention explicite dans l’accord offre désormais la possibilité d’une action audacieuse de la part des décideurs aux niveaux national et régional, qui sera accueillie à bras ouverts. Au niveau local, pendant la COP30, nous avons remporté une victoire éclatante au Brésil, avec 21 terres progressant dans leur processus de démarcation à différents stades. L’Indonésie a annoncé une augmentation de 1,4 million d’hectares de forêt coutumière à signaler, et les suites de la COP ont apporté avec elles une annonce historique de la Colombie sur la réglementation finale des entités territoriales indigènes en tant que formes de gouvernance territoriale.
Ce qui manque encore
Bien que la mention explicite soit une étape importante vers la sécurisation des droits fonciers, plusieurs composantes des principaux accords (atténuation, adaptation, financement) restent silencieuses quant à la concrétisation de cette solution en tant que priorité d’action pour les États. Les CDN qui ont été soumises jusqu’à présent sont également, dans de nombreuses régions, dépourvues de mentions aux droits fonciers, ce qui aura malheureusement également un impact sur leur présence dans les politiques publiques et les budgets au niveau national.
Comment nous allons continuer à plaider
Toutes les communautés qui apportent des solutions au changement climatique continuent d’agir sur leurs territoires, de lutter contre les lois régressives et de faire pression sur les États pour qu’ils reconnaissent la nécessité d’investissements et de lois officielles sur les droits fonciers. Le Brésil, tout en déclarant des avancées sur certaines démarcations, montre également une régression significative sur les efforts juridiques avec l’avancement des décisions Marco Temporal au Sénat, et les regards internationaux des partenaires et des mouvements doivent rester en vue pour garantir la protection des terres et des vies.
2. Zéro déforestation
Victoires

Malheureusement, cette demande a reçu une attention très limitée dans les agendas officiels. Cependant, une victoire significative est la réaffirmation, dans les documents officiels, de la stratégie TFFF pour faire progresser les engagements vers le zéro déforestation d’ici 203.
Ce qui manque encore
L’accord final s’est terminé sans feuille de route pour le zéro déforestation, ce qui laisse des voies d’action incertaines et rend les accords ambigus tant dans leur formulation que dans les mesures claires permettant d’exiger des progrès de la part des pays.
Comment nous allons continuer à plaider
La COP31 sera un scénario limité pour l’action de la société civile, mais les discussions et les négociations préliminaires seront une étape centrale pour discuter d’une feuille de route pour le zéro déforestation et, en particulier, pour exiger des stratégies viables sur le terrain.
3. Non aux combustibles fossiles ! Non à l’exploitation minière sur nos territoires !
Victoires

Le gouvernement colombien a annoncé, au cours de la première semaine de la COP, la création et l’organisation de la toute première Conférence pour la transition juste hors des combustibles fossiles. Les Pays-Bas se sont joints aux efforts et, en avril 2026, des progrès accélérés devraient commencer à se construire. En cohérence avec cette décision, le président a annoncé fin novembre la décision de créer une zone d’exclusion des combustibles fossiles dans l’Amazonie colombienne.
Ce qui manque encore
Une fois de plus, les accords officiels issus des négociations n’ont pas intégré de langage spécifique sur l’élimination progressive des combustibles fossiles, ni sur une feuille de route permettant de progresser vers le succès dans ce domaine. La participation du lobby des combustibles fossiles était équivalente à la deuxième plus grande délégation de pays dans les négociations, et leur pression pour éviter le langage de l’élimination progressive a été menée à bien, au détriment de toutes les parties prenantes qui luttent contre l’exploitation minière et l’exploration.
Comment nous allons continuer à plaider
Les accords officiels des COP sur la biodiversité et le climat doivent intégrer, sans délai, une voie claire pour l’élimination progressive, y compris des mécanismes pour les zones d’exclusion dans les territoires protégés par les communautés de première ligne dans le monde entier. Au cours des négociations préliminaires pour les deux conférences de l’année prochaine, et tout au long de la Conférence sur la transition juste, la campagne continuera de plaider en faveur d’engagements audacieux et de mécanismes spécifiques qui aboutissent à des politiques avec une date limite fixée.
4. Protégez les défenseurs ! Protégez nos modes de vie !

La demande concernant la protection des défenseurs et de leurs modes de vie a été, malheureusement, la moins prise en compte et l’une des plus désastreuses sur le terrain. Pendant la COP30, un jeune du peuple Guaraní Kaiowá a été assassiné sur son territoire par des envahisseurs de terres, et à la suite de la COP, les dirigeants d’Amérique centrale continuent d’être faussement accusés et emprisonnés, les communautés d’Indonésie continuent d’être criminalisées. Au cours de la semaine dernière, de nouveaux cas ont été portés à l’attention du public, les dirigeants de l’IIPFCC de Russie étant criminalisés, et l’avocat indigène et dirigeant du GATC, Dinamám Tuxá, étant diffamé au Brésil.
Malgré ces réalités, les textes et déclarations officiels des représentants du gouvernement ne parlent pas de protection des défenseurs. Une dette fondamentale de la COP30 envers les communautés qui apportent les réponses à la crise climatique est la création explicite de mécanismes de protection de la vie.
5. Accès direct au financement climatique
Victoires

Les annonces latérales concernant l’accès au financement climatique ont été des réalisations clés de la campagne en 2025. L’annonce du renouvellement de l’engagement du FTFG à financer la sécurité foncière, cette fois avec un engagement de 1,8 milliard de dollars ; le renouvellement du partenariat du FCLP pour continuer à agir sur le climat forestier ; et les annonces de la présidence du TFFF qui ont intégré une garantie de financement direct de 20 % pour les peuples autochtones, ainsi que la liste d’exclusion qu’elle a garantie pour empêcher les industries comme le pétrole d’y investir. Ce sont des victoires fondamentales dans une voie d’action continue. Elles sont associées cette année à une promesse de l’engagement autochtone, où un groupe de mécanismes de financement autochtones ont promis de fournir 500 millions de dollars en fonds directs.
Ce qui manque encore
Les fonds officiels existants pour l’action climatique, dans des catégories comme l’atténuation, l’adaptation et la feuille de route de Bakou à Belém, sont encore loin de l’ambition nécessaire pour une action réussie. La lacune la plus importante qui subsiste est l’absence de conditions financières contraignantes pour les pays, la plupart des financements reposant sur des engagements volontaires et manquant de systèmes de transparence contraignants, afin de garantir non seulement la livraison, mais aussi l’impact du financement fourni.
Comment nous allons continuer à plaider
2026 est une année de mise en œuvre. La nécessité de superviser le financement qui découle des promesses sera au cœur du travail de l’année, et la création de systèmes de gouvernance et de mécanismes de responsabilisation déterminera le succès des engagements promis lors de la COP30.
6. Participation avec un réel pouvoir
Victoires

Cette année a été marquée par une myriade de réalisations en matière de participation effective, de l’inclusion des communautés afro-descendantes dans le libellé des accords officiels à la création d’un forum des communautés locales, le centre des négociations devenant de plus en plus un lieu d’action pour les communautés. Parallèlement, l’inclusion d’un comité directeur dans la création du TFFF est un effort pour soutenir la participation qui, espérons-le, continuera de croître en engagement et en pouvoir dans les années à venir, tout comme l’inclusion des CDN autochtones dans certains pays. Le mécanisme Mutirao a permis l’engagement en ligne et hors ligne de la société civile dans le monde entier et certaines de leurs demandes ont été entendues et intégrées.
Ce qui manque encore
Les négociations officielles de la COP30 restent un espace à huis clos où seuls les États peuvent avoir le droit de vote sur les textes. Avec la possibilité pour les États miniers de bloquer individuellement les accords, cela signifie souvent que le pouvoir réel est entre les mains de quelques-uns, et les efforts de participation manquent d’un véritable impact.
Comment nous allons continuer à plaider
Les négociations sur la préparation, les conseils et systèmes de gouvernance officiels, et les circonscriptions officielles continueront d’être des espaces de pression et d’engagement positif, où les réponses venant des territoires continueront de faire des percées pour être au centre des réponses officielles à la crise climatique.
La réponse, c’est nous
Ensemble, les peuples des forêts et des océans, des villes et des zones rurales, ont apporté les réponses à la COP30, ont élevé leurs voix aux tables de négociation et ont ouvert des portes à un changement puissant. Ce n’est que le début, et nous continuerons à travailler pour la mise en œuvre, pour la transparence et pour le pouvoir. La réponse, c’est nous, nous tous, y compris vous.
L’Engagement des Peuples : ancrer les promesses mondiales dans l’action territoriale
/dans Nouvelles/par GATCLors de notre Forum Shandia 2025, tenu dans le cadre de la COP30 à Belém, nous avons été témoins d’un moment historique. Alors que les gouvernements et les partenaires internationaux annonçaient de nouveaux engagements pour protéger 160 millions d’hectares de terres et mobiliser 1,8 milliard de dollars en financement climatique, nous, Peuples autochtones et Communautés locales, avons franchi une étape encore plus audacieuse.
Inspirés par ces annonces, et pleinement conscients que les promesses n’ont de valeur que lorsqu’elles atteignent nos territoires, nous avons présenté notre propre engagement mondial : l’Engagement des Peuples, une déclaration qui transforme les paroles en actions et réaffirme que nous sommes ceux qui veillent à ce que les ressources, les politiques et les solutions atteignent véritablement les communautés qui protègent les écosystèmes les plus vitaux de la planète.




Photos : @kefasmatos
Nous vous invitons à lire l’Engagement des Peuples, un appel à faire progresser un financement territorial direct et équitable, fondé sur nos propres systèmes de gouvernance et notre engagement à continuer de protéger la vie et tous nos écosystèmes :
Déclaration publique sur les résultats du plaidoyer collectif de l’AGCT dans le cadre du TFFF 3.0
/dans Nouvelles/par GATCLe gouvernement brésilien a récemment lancé la proposition du Tropical Forest Forever Facility (TFFF) dans sa Note conceptuelle 3.0. Au sein de l’Alliance mondiale des communautés territoriales (AGCT), nous soutenons cette nouvelle version, résultat direct de la lutte collective des Peuples autochtones et des Communautés locales (PA et CL) pour un accès équitable et direct aux ressources de financement climatique, en reconnaissant l’ensemble des changements intervenus depuis l’annonce initiale du fonds en 2023.
La garantie qu’au moins 20 % des paiements fondés sur les résultats du TFFF seront acheminés directement vers les défenseur·e·s des forêts en première ligne constitue une victoire historique, qui consolide le rôle de premier plan de nos peuples dans la réponse à la crise climatique. Par ailleurs, l’inclusion d’une liste d’exclusion des combustibles fossiles dans la Note 3.0 répond à une demande centrale de nos organisations, réaffirmant l’urgence d’empêcher que le TFFF ne devienne un nouveau mécanisme de destruction des territoires.
Nous suivons de près le TFFF depuis ses premières annonces à la COP-28 à Dubaï. Toutefois, ce n’est qu’en octobre 2024 que nous avons été officiellement invité·e·s à discuter de la possibilité d’inclure un minimum de 20 % des ressources pour les Peuples autochtones et les Communautés locales dans le fonctionnement du fonds. Depuis février 2025, nous avons choisi de collaborer avec le gouvernement du Brésil, la Banque mondiale et le Secrétariat du TFFF pour co-concevoir la soi-disant Allocation directe de financement (DAF des PA et CL), au terme d’un intense parcours collectif. Nous avons organisé des événements parallèles à l’ONU, des ateliers techniques, des réunions hebdomadaires avec l’équipe centrale, des réunions en présentiel du Comité directeur mondial à Brazzaville et à Londres, ainsi qu’un échange avec plus de 400 participant·e·s lors du Congrès des bassins forestiers.
La proposition, élaborée collectivement, prévoit le rôle de premier plan des PA et des CL dans toutes les décisions relatives à l’utilisation des ressources au niveau national, au moyen de comités directeurs nationaux et d’agences de mise en œuvre librement choisies, permettant aux ressources d’atteindre nos organisations et nos fonds territoriaux. Notre décision de participer à la co-conception de la DAF s’inscrit dans notre engagement à transformer l’architecture du financement du climat et de la biodiversité, afin que nous soyons véritablement reconnu·e·s comme les gardien·ne·s de nos territoires.
Bien que toutes nos propositions n’aient pas été acceptées — comme l’exigence de sièges pour les PA et les CL au sein des conseils d’administration du TFFF et du TFIF —, nous reconnaissons les avancées liées à la création d’un Comité consultatif mondial et nous continuerons à nous mobiliser pour que la gouvernance du fonds reflète réellement les principes de participation, d’équité et d’autonomie.
Nous reconnaissons nos victoires, mais nous restons vigilant·e·s. Il est désormais temps de mettre le TFFF en œuvre et, dans le même temps, de garantir les ressources nécessaires aux structures nationales de mise en œuvre du fonds dans les pays de forêts tropicales, afin d’assurer notre participation pleine et effective au sein de comités directeurs inclusifs, d’agences de mise en œuvre légitimes et de mécanismes de suivi culturellement appropriés. Nous réaffirmons notre engagement en faveur de l’intégrité socio-environnementale et réitérons notre exigence qu’aucune ressource du TFIF ne soit allouée au pétrole, au gaz ou à l’exploitation minière — une ligne rouge réaffirmée dans tous nos espaces.
Enfin, nous appelons nos allié·e·s de la société civile, des médias et de la coopération internationale à soutenir la prochaine étape : construire un processus solide de dialogue national et de plaidoyer, mené par nos Peuples autochtones et nos Communautés locales, afin d’assurer la mise en œuvre effective de tout ce qui a été obtenu jusqu’à présent.
Nous savons que les pays tropicaux ont encore un long chemin à parcourir pour établir avec nous une relation véritablement respectueuse — que ce soit dans la mise en place de structures de gouvernance inclusives ou dans la garantie de nos droits humains et territoriaux. Nous appelons donc les gouvernements et nos allié·e·s à s’engager activement dans ce processus, ainsi que dans l’amélioration des systèmes de suivi des forêts, des autres écosystèmes et de nos territoires.
De même, il est essentiel de plaider pour que les ressources déjà allouées aux pays soient orientées vers ce nouveau mécanisme de financement direct, en renforçant des politiques publiques qui protègent réellement nos territoires et nos droits.
La réponse, c’est nous. La réponse, c’est nous toutes et tous, vous y compris.
Les femmes autochtones : un mouvement mondial de résistance
/dans Nouvelles/par GATCLe mouvement des femmes autochtones a transcendé les frontières et s’est imposé comme une force mondiale de résistance et de transformation. Ce qui n’était autrefois que des voix isolées fait désormais partie d’un réseau international qui unit des femmes leaders d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et d’autres régions du monde. Cette convergence a permis aux femmes autochtones non seulement d’être entendues, mais aussi de définir l’ordre du jour des discussions sur les droits, les territoires et la justice climatique. Tel est notre mouvement de femmes : une articulation mondiale qui trouve ses racines dans l’ancestralité, s’appuie sur la collectivité et se projette vers l’avenir avec des propositions concrètes pour la vie et la justice climatique.
Lors de la IVe Marche des femmes autochtones au Brésil, des femmes leaders de différents pays (Brésil, Venezuela, Bolivie, Colombie, Équateur, Panama, Pérou, Mexique, Costa Rica, Philippines, Honduras, Suriname, Guyana, Zimbabwe et Kenya) et de multiples territoires, écosystèmes, biomes, langues, cultures et traditions se sont réunies pour partager leurs expériences, mettre en lumière les défis communs et réaffirmer que la défense des corps et des territoires est indissociable. Cet espace ancestral de résistance a ouvert la possibilité d’un dialogue à partir de nos réalités et de nos savoirs, renforçant ainsi l’influence internationale des femmes autochtones et plaçant nos propositions au centre des débats mondiaux.
De cette articulation est née la Charte des femmes autochtones au monde, un document historique qui rassemble nos voix, nos luttes et nos revendications. Cette charte est le résultat d’un processus de construction collective qui exige l’égalité, le respect, la reconnaissance et la compréhension urgente qu’il n’y a pas de justice climatique sans les femmes autochtones.
Aujourd’hui, cette lettre est un appel lancé au monde entier : aux États, aux organismes internationaux et à la société civile mondiale, afin qu’ils reconnaissent et garantissent les droits des femmes autochtones et leur rôle fondamental dans la protection de la vie et de la planète. Elle témoigne d’un mouvement qui grandit, se renforce et continuera à tracer la voie vers un avenir juste et durable pour toutes et tous.
Déclaration de Brazzaville
/dans Événements, Nouvelles/par GATCNotre Engagement envers les Peuples, nos Territoires, la Planète et le Partenariat : Une Voie Unifiée vers la COP30 et Au-delà
Du 26 au 30 mai 2025, nous, Peuples Autochtones et Communautés Locales des principaux bassins forestiers tropicaux du monde, nous sommes réunis à Brazzaville, République du Congo, pour le Premier Congrès Mondial des Peuples Autochtones et des Communautés Locales des Bassins Forestiers.
Ancrés dans la sagesse de nos ancêtres et la force de nos territoires, nous nous sommes rassemblés pour construire une voix commune et une vision partagée pour l’avenir. Le résultat est cette déclaration – un document vivant de nos engagements, nos revendications et nos solutions face aux crises mondiales du climat et de la biodiversité.




La Déclaration de Brazzaville est plus que des mots ; c’est un appel à la reconnaissance, au respect et au partenariat. Alors que le monde se prépare pour la COP30 et au-delà, nous rappelons aux dirigeants mondiaux que le leadership des Peuples Autochtones et des Communautés Locales est essentiel pour restaurer l’équilibre de la planète.
Lisez et partagez notre déclaration. L’avenir commence dans nos territoires.
Nous nous préparons à un moment historique : Premier Congrès mondial des peuples autochtones et des communautés locales des bassins forestiers du monde
/dans Événements, Nouvelles/par GATCDu cœur de l’Amazonie aux forêts vivantes du bassin du Congo, des forêts sacrées de Mésoamérique aux îles et jungles d’Asie du Sud-Est, nous nous préparons à nous réunir comme une seule voix, un seul territoire, un seul combat.
Du 26 au 30 mai 2025, nous nous réunirons à Brazzaville pour célébrer le Premier Congrès mondial des peuples autochtones et des communautés locales des bassins forestiers du monde, un espace historique d’unité, de stratégie et de leadership territorial.
Ce congrès est bien plus qu’un simple événement : c’est une occasion cruciale de renforcer notre alliance mondiale pour protéger les forêts qui maintiennent l’équilibre de la planète. Il est temps d’aligner nos agendas, de partager les solutions ancrées dans nos territoires et de porter nos priorités directement à la COP30, à Belém do Pará, au Brésil.
Nous savons qu’il n’y a pas de solution climatique sans nous, les peuples autochtones et les communautés locales. Nous sommes ceux qui protégeons les forêts qui stockent le carbone, préservent la biodiversité et sauvegardent la vie et la culture.Mais nous sommes aussi ceux qui font face à des menaces croissantes : accaparement des terres, criminalisation, fausses solutions climatiques, manque de financement direct et de participation significative.
Pourquoi ce congrès est-il important ?
Nous savons que lorsque nos communautés ont des droits sur leurs territoires, les forêts prospèrent. Nous sommes les gardiens les plus efficaces des dernières grandes forêts du monde, mais nous continuons d’être exclus des décisions qui déterminent notre avenir.
Ce congrès envoie un message fort aux dirigeants mondiaux :nous ne demandons pas une place, nous la revendiquons. Nous n’acceptons plus une inclusion symbolique. Nous nous organisons pour obtenir un pouvoir réel, un financement direct, une reconnaissance juridique et la sécurité territoriale, car nos forêts, nos cultures et nos droits ne sont pas négociables.
« Il est temps d’humaniser les processus climatiques. Nos territoires ne sont pas des crédits carbone. Ils sont synonymes de vie, d’équilibre et de résilience ».— Joseph Itongwa, l’un de nos coprésidents
Avec des alliés clés tels que l’Initiative Droits et Ressources (RRI) et la participation de nos organisations de base en Afrique, en Asie, en Méso-Amérique et en Amérique du Sud, nous construisons un mouvement mondial puissant, ancré dans le territoire, le dialogue intergénérationnel et l’égalité des sexes.
Au sein de l’Alliance mondiale des communautés territoriales (GATC), nous nous préparons avec force et conviction, car cette rencontre marquera un véritable tournant.
La réponse, c’est nous. La réponse, c’est chacun d’entre nous. Y compris vous !










